03.04.2007
À propos d’exorcisme
Le mal est un mystère d’un bien trop grand abîme pour qu’on puisse vouloir s’y frotter, voire se risquer à le mettre en scène ou prétendre simplement savoir le discerner. À chaque époque, évidemment, ses représentations des démons. À l’entrée des temples d’Asie, les monstres grimaçants, qui nous amusent ou nous terrifient, ont justement pour mission de les mettre en déroute. Le Moyen-ge en faisaient des gargouilles, crachant l’eau de pluie sur les passant. Pour aller combattre les mauvais esprits et guérir leurs patients, les chamans s’élèvent dans le ciel. Je préfère, quant à moi, les hommes qui ont les pieds sur la terre et – que diable ! – ne s’amusent pas avec le feu. "Quand tu pries, recommande Jésus, va dans ta chambre et ferme la porte !" Et si l’esprit du mal t’y accompagne, c’est seul à seul, dans le plus intime des combats intérieurs, que tu auras à l’affronter.
Des êtres humains à l’esprit fragile ou éprouvé peuvent sans doute trouver de l’apaisement dans le fait tout d’être entendus, de se sentir compris. Mais l’Église sait aujourd’hui qu’il est utile, dans la plupart des cas, de recourir à l’aide de ces médecins de la "psyché" (traduisez : "âme" ou "esprit") que sont psychologues, psychiatres ou psychanalystes. Ces derniers ont pour règle de ne pas pratiquer leur savoir sur un autre sans s’être d’abord soumis eux-mêmes au processus d’analyse. La méthodologie me paraît judicieuse et mériterait ici la pratique.
Ne me faites pas dire que je ne crois pas à la puissance du mal, qui se manifeste bien dans les maladies du corps et de l’esprit, et combien davantage encore dans les grands désordres sociaux, les guerres et les désastres humanitaires de la planète. "Diable" est un mot grec qui signifie le "diviseur" et "Satan" en hébreu "l’adversaire". C’est quotidiennement que chacun d’entre nous est appelé à mener, s’il le veut bien, son combat contre les forces qui tendent à la destruction et à la rupture. La barbarie n’est pas dernière nous. Partout, dans le monde, on recourt à la violence, on pratique la guerre et la torture. Mais ce ne sont pas seulement les monstres qui basculent dans l’horreur. Hannah Arendt l’a souligné et le roman fulgurant de Jonathan Little, "Les Bienveillantes", l’illustre jusqu’à l’effroi : ce sont les hommes les plus ordinaires qui peuvent devenir les pires tortionnaires.
Tirant des conclusions philosophiques de recherches récentes en psychologie sociale et s’appuyant sur des exemples historiques éclairants, tels le cas de Franz Stangl, le commandant de Treblinka, ou, à l’opposé, les actions héroïques du pasteur André Trocmé et de sa femme Magda, au Chambon-sur-Lignon, Michel Terestchenko nous propose de penser les conduites humain es face au mal selon un nouveau paradigme : celui de l’absence ou de l’absence à soi.
Nul doute que qui est réellement présent à soi, est présent à Dieu. Mais des rituels d’exorcisme sont-ils la manière d’y parvenir ?
Je ne vois pas que Jésus s’y soit prêté, même si les récits évangéliques témoignent de son attention toute particulière aux souffrants, en traduisant son action selon les expressions d’une époque qui désignaient les maladies comme emprises des démons.
Le mal et la souffrance sont des mystères bien trop graves pour les laisser aux mains de prétendus charismatiques qui y trouvent leur contentement. En cette Grande Semaine où les chrétiens sont appelés à relire ou réentendre, avec la liturgie, les textes qui évoquent la Passion de Jésus, on ne peut qu’être frappé de la grande pudeur avec laquelle leurs auteurs des évangiles rapportent ce drame sanglant. Il s’agit pourtant bien du plus grand affrontement qui ait jamais pu avoir lieu entre un amour infini – celui de Dieu pour l’homme – et les forces qui s’acharnent à sa destruction.
18:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
Bonjour, je suis L'Abbé Eric BOTTALICO De L'Eglise Catholique Galiicane
et je suis à la recherche de textes puissants d'exorcisme.
Vous pouvez voir mon site sur www.chapellesaintexpedit.com
Je vous souhaite bonne réception en Notre Seigneur.
L'Abbé Eric
Ecrit par : bottalico eric | 10.04.2007
Bonsoir,
Jésus ne s'est servit d'aucun rituel d'exorcisme, mais il avait foi en Dieu.
Ce qui manque à nos prêtres, tout les rituels d'exorcismes ni changeront rien, mais si ils peuvent être utile.
http://desenvouteur.olympe-network.com
Cordialement
Ecrit par : friley | 09.06.2008
Bonne journée! Le mal existe et a toujours existé! Mais il y avait des questions de l'humanité, et où est le mal prises? Qui crée? Et aucune autre pensée que dyavol pourquoi elle n'a pas soulevé .... ne trouvez pas que c'est étrange!
Ecrit par : horney goat weed | 26.11.2008
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